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Résumé :
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Cet article aborde le lien entre les oppositions à l’avortement, envisagées comme des formes de stigmatisation, et les jugements négatifs exprimés par les avortées sur elles-mêmes, qui relèvent de l’autostigmatisation. Il met en évidence la stigmatisation à laquelle sont exposées celles qui avortent, questionne les liens entre expérience de la stigmatisation et autostigmatisation et propose, dans la perspective de la sociologie des émotions de Arlie Hochschild, d’étudier une forme particulière – et genrée – de stratégie de contournement du stigmate : le travail émotionnel. Celui-ci se caractérise par les efforts faits pour agir sur ses propres sentiments et mettre en cohérence le choix d’avorter avec une expérience émotionnelle primaire souvent désagréable, en raison de la stigmatisation intériorisée et/ou expérimentée. Cette capacité varie selon les ressources sociales dont disposent les avortées et se recompose tout au long de leur trajectoire procréative.
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